Le Courrier - Suisse

Outre le statut de Jérusalem, un second sujet de friction pourrait s'inviter à Paris, lors de la visite du premier ministre israélien: le cas du Franco-Palestinien Salah Hamouri, incarcéré depuis l'été.

Salah Hamouri, militant franco-palestinien, a vu sa détention administrative confirmée le mercredi 22 novembre dans l'indifférence générale. «Je n'attendais pas grand-chose de cette audience, tout comme je n'attends rien de la ‘justice israélienne'. Lorsque qu'il n'y a pas de charges devant vous, vous ne pouvez pas vous défendre», confie au Courrier sa femme, Elsa Lefort. Sans grandes illusions là non plus, elle espère quand même que l'Etat français profite de la visite officielle de Benyamin Netanyaou dimanche à Paris pour soutenir enfin vigoureusement son ressortissant, incarcéré depuis trois mois et demi sans le moindre chef d'inculpation.

Pour l'heure, Salah Hamouri bénéficie surtout de la protection consulaire. A ce titre, le consul – ou son représentant – est présent aux audiences et s'assure que ses droits sont respectés. «En ce qui concerne le Consulat général de Jérusalem, ils font ce qu'ils sont en mesure de faire; bien que Salah ne reçoit toujours pas son courrier personnel et certains objets que nous sommes pourtant en droit de lui transmettre, tel un simple dictionnaire français-arabe.»

Discrétion française

«En revanche, les autorités en France ont mis longtemps à nous répondre et à nous recevoir», explique Mme Lefort. Ce n'est que le 9 octobre, au 46e jour d'incarcération, qu'Elsa, accompagnée de son père et de son avocat français, étaient enfin reçus par un conseiller diplomatique à l'Elysée.

Salah Hamouri n'est pourtant pas un inconnu des services du quai d'Orsay. Incarcéré pendant plus de six ans pour un présumé projet d'assassinat d'un rabbin, le Franco-Palestinien avait clamé son innocence puis, dans un second temps, plaidé coupable afin de voir sa peine réduite de moitié. Il sera finalement libéré, en 2011, davantage grâce aux pressions de la société civile internationale que grâce à la position, plutôt discrète, de Paris.

Cette fois-ci, s'il aura fallu attendre deux mois pour que la France s'exprime sur le cas Hamouri, la déclaration a le mérite de la clarté. Le 26 octobre, la porte-parole du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères (MEAE), Agnès Romatet-Espagne, se disait en effet «préoccupée» par le sort du Franco-Palestinien et dénonçait «l'utilisation abusive et systématique de la détention administrative», précisant que «ni notre compatriote ni ses avocats n'ont pu avoir connaissance des charges retenues». «Nous demandons que l'ensemble des droits de Salah Hamouri soient bien respectés et espérons sa libération. Nous demandons aussi que sa famille puisse lui rendre visite.»

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Details:
Eloise Bollack / Le Courrier
December 8, 2017
Categories:
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Tags:
France
Palestine
Israel
Salah Hamouri