Le Courrier - Suisse

Le mur de séparation divise Jérusalem-Est. Huit quartiers palestiniens, pourtant compris dans les frontières de la ville, sont coupés du centre et des services municipaux.

Des immeubles en construction à perte de vue, aux pieds desquels s’entassent des montagnes de poubelles. Des mamans et leurs poussettes sur la chaussée car les trottoirs sont inexistants. Un trafic encombré générant des nuages de poussière sur ces rues à moitié goudronnées. Des enfants zigzaguant entre les voitures à contresens.

«Kufr Aqab dépend de la municipalité de Jérusalem et donc des autorités israéliennes depuis 1967 et le début de l’occupation de la ville. Nous payons l’Arnona – la taxe municipale israélienne – et pourtant nous vivons du coté cisjordanien du mur. Ici, la plupart des services municipaux ne sont pas assurés; nous vivons dans un no man’s land, au plus bas de l’échelle socio-économique», confie Abed, un Palestinien de 23 ans.

Le tracé du mur de séparation ne suit aucune frontière ou limite administrative reconnue, serpentant au gré des arguments sécuritaires de l’armée de l’État hébreu, entre les quartiers palestiniens et les colonies israéliennes. Ainsi Kufr Aqab et quatre autres quartiers, dont Ras Khamis, Ash Shayyah, le camp de réfugiés de Shuafat, et une partie des villages de Qalandiya ou d’Al Walaja, ont été déconnectés de facto.

Le camp de réfugiés de Shuafat séparé par le Mur de la colonie Israélienne de Pzigat Ze'ev.

Services dégradés
Les administrations israéliennes ne s’aventurent plus dans ces quartiers depuis la construction du mur; les infrastructures publiques, les ressources et les services sont considérablement dégradés ou font simplement défaut.

La mairie n’y a jamais mis en place de plan de développement urbain. La plupart des constructions sont illégales, sans aménagement adéquat pour l’eau, l’électricité, le drainage, les routes et les égouts. Dans le camp de réfugiés de Shuafat, des câbles électriques et des conduites d’eau de fortune ont été installés par les résidents eux-mêmes, posant des risques de sécurité pour la population. Partout, le nombre de bennes à ordures est insuffisant, elles ne sont de toute façon presque jamais collectées, mais généralement brûlées sur place. En hiver, les rues se transforment en rivières incontrôlables.

La population Kufr Aqab ne cesse d’augmenter. La plupart des immeubles y sont construits sans permis délivrés par les autorités israéliennes, car ces derniers sont non seulement très chers, mais surtout extrêmement difficiles à obtenir pour les Palestiniens.

En mars 2014, les quartiers de Ras Shehada, Ras Khamis, Dahyat As Salam et le camp de Shuafat ont connu une pénurie totale d’eau courante pendant plus de trois semaines. Les habitants, vivant pour la plupart sous le seuil de pauvreté, ont été contraints de dépenser des sommes considérables en bouteilles d’eau.

Le jardin d’enfants de Kufr Aqab, au pied du Mur de séparation, l’un des rares services publics ouverts récemment dans cette zone de Jérusalem.

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Details:
Eloise Bollack / Le Courrier
October 3, 2016
Categories:
Publication
Tags:
Separation Wall
East Jerusalem
Palestine