Publication Le Courrier Suisse

Au vingt-troisième jour, l’opération « Bordure Protectrice » aurait fait plus de mille cent morts et six mille blessés palestiniens. Plus de 75% d’entre eux sont des civils, dont 30% des enfants.

« Elle a tout vu, elle a vécu chaque moment; ils sont morts sous ses yeux », raconte Ibrahim Al-Masri à propos de sa fille de 4 ans, Shaima. La famille al-Masri est originaire de Beit Lahya, au nord de la bande de Gaza. Dimanche 13 juillet, l’armée israélienne a déversé par hélicoptère des tracts ordonnant aux habitants du quartier d’évacuer leurs maisons avant midi en raison de bombardements aériens imminents. Sahar, la femme d’Ibrahim, est partie avec trois de leurs enfants, Asseel, 17 ans, Mohammed, 14 ans et Shaima pendant qu’Ibrahim restait en arrière pour fermer la maison et rassembler quelques affaires. Sur la route, Mohammed fut atteint par un missile. Un deuxième visa Sahar, alors qu’elle s’approchait de son fils.

Seule Shaima a survécu. Blessée au foie, à la rate et au colon par des éclats d’obus, elle a subi deux opérations à Gaza. Elle a été transférée le mercredi 23 à l’hôpital français de Jérusalem en raison de saignements internes persistants, accompagnée de sa tante. La maison de la famille Al-Masri ayant été détruite dans l’attaque sur Beit Lahya, Ibrahim attend le retour de Shaima à l’école Camel, près de l’hôpital Al-Shifa dans le centre de la ville de Gaza.

Mohammed, 22 ans, secouriste volontaire et formateur en secourisme dans la vieille ville de Jerusalem

Quatre-vingt-trois écoles refuges
Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNRWA), 167 269 personnes se seraient installées provisoirement dans 83 écoles transformées en refuges. Les conditions y sont précaires: à l’école Camel, les réfugiés ne reçoivent que quatre heures d’électricité par jour et n’ont pas accès à l’eau courante. Comme Ibrahim, beaucoup d’entre eux n’ont ni vêtement ni nourriture, ayant fui leur maison dans l’urgence. Beaucoup d’enfants déambulent pieds nus. Certains sont même partis en pyjamas. «Les enfants sont très stressés, ils n’arrêtent pas de bouger, ils ne peuvent pas rester assis», décrit Sobhi, jeune homme de 21 ans réfugié dans l’école Al-Asuad avec ses parents et ses neuf frères et sœurs, dont la plus jeune a 6 ans. « Les gens y sont entassés à 30 par classe, sur un matelas pour deux. Les hommes dorment à l’extérieur, comme des gentlemen », ironise Sobhi. « Les bombardements continuent tout autour. Ils ont frappé une maison juste à côté il y a trois jours » L’une des écoles de l’UNRWA a par ailleurs été touchée par des tirs israéliens le 24 juillet dernier, L’attaque a fait 15 morts et plus d’une centaine de blessés...

Humanitarian relief organization, the PCRF, distributes iftar meals outside of Al Shifa hospital in Gaza city during the summer 2014 attack

Article par Julie Couzinet et Eloise Bollack ; photos par Eloise Bollack.

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Details:
Eloise Bollack / Julie Couzinet / Le Courrier
July 31, 2014
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Gaza War
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